Le sentier des crêtes du Vercors s’étend sur 12 kilomètres entre le col de Menée et le col de l’Âne, au cœur du Vercors drômois. En boucle, comptez 6 à 7 heures de marche et 700 mètres de dénivelé positif cumulé. Rien d’insurmontable, si ce n’est qu’en plein été, sans une goutte d’eau, il devient un exercice de survie pour les non-initiés. Voilà ce qu’on ne lit pas dans la plupart des fiches descriptives qui réduisent ce parcours à une « balade familiale avec vue sur 6 massifs ». La vue, elle est bien réelle. La balade, elle demande des jambes et un minimum de préparation.

L’itinéraire entre Diois et Vercors : le tracé classique

Le départ le plus fréquent s’effectue au col de Menée (1 457 mètres), à une vingtaine de minutes au-dessus de Châtillon-en-Diois. On se gare sur le parking en terre battue, vite saturé les week-ends de mai et d’octobre. De là, le sentier grimpe doucement à travers les alpages jusqu’à la crête des Sarnoux, premier belvédère sur les Hauts-Plateaux et la vallée de la Drôme. Le balisage jaune et vert du GR93 vous accompagne sur la majeure partie du parcours, rejoint par de simples marques jaunes sur les portions hors GR.

La progression alterne drailles herbeuses et passages rocailleux. Après la crête des Sarnoux, on bascule versant Diois puis on remonte en direction de la crête de l’Âne. L’altitude oscille entre 1 400 et 1 600 mètres. Ce n’est pas une course à pied, mais il faut garder du souffle : les replats sont rares. Le point culminant de l’itinéraire se trouve à la croix du Vellan (1 635 m), d’où le regard porte, par temps clair, du Dévoluy jusqu’au mont Ventoux. Le retour s’effectue en redescendant par le vallon de Combeau, sous les falaises de la Montagnette, pour rejoindre le col de Menée. Sur la deuxième partie, le sentier serpente dans une forêt de hêtres, ultime ombre avant la fin de la boucle.

Accès et stationnement : deux départs possibles

Le col de Menée reste le point d’entrée le plus pratique. Depuis Die, suivez la D93 en direction de Châtillon-en-Diois, puis la D120 qui monte au col. La route est étroite mais entièrement goudronnée. Le parking principal tolère une trentaine de véhicules. En période d’affluence, il arrive que les randonneurs se garent plus bas, le long de la départementale, ce qui allonge la marche d’approche de 2 kilomètres.

Une alternative consiste à démarrer depuis le hameau d’Herbouilly, sur la commune de Lans-en-Vercors, côté Isère. L’itinéraire devient alors une traversée en aller-retour ou en boucle plus longue, nécessitant une seconde voiture. Ce point de départ convient mieux aux randonneurs qui projettent une sortie de deux jours avec nuit en refuge. Le balisage se fait plus discret, et l’orientation demande de savoir lire une carte IGN. Le top 25 3237 OT (Glandasse – Col de la Croix-Haute) couvre la totalité du secteur. Emportez-la, ainsi qu’une boussole ou un GPS chargé.

Choisir sa saison : l’eau, la neige et la foule

En mai et juin, la neige résiduelle peut encore recouvrir les ubacs au-dessus de 1 500 mètres. Le sentier reste praticable, mais quelques passages exposés imposent de bonnes chaussures montantes et une vigilance accrue. C’est aussi la période où les fleurs explosent, et où l’on croise le moins de monde.

Juillet et août transforment l’expérience. L’absence totale de source d’eau le long du parcours devient critique. Avec 30 degrés en pleine crête, sans ombre, une famille mal équipée peut se retrouver en difficulté en deux heures. Partez tôt, vers 6h30, pour avoir fini avant 13h. Septembre et octobre offrent le meilleur compromis : températures clémentes, lumière rasante idéale pour la photo, et fréquentation modérée. La chasse étant pratiquée dans le secteur, renseignez-vous sur les jours de battue auprès de l’office de tourisme du Diois.

L’hiver change tout. Le sentier des crêtes devient un itinéraire raquettes sauvage, uniquement balisé par les traces des précédents passages – qui s’effacent en une nuit de vent. On ne s’y aventure pas sans DVA, pelle et sonde, ni sans une lecture préalable du bulletin d’estimation du risque d’avalanche. Ce n’est pas du tourisme hivernal balisé, c’est de l’engagement en moyenne montagne.

Ce qu’il faut savoir sur le bivouac et les points d’eau

Le bivouac, au sens où on l’entend dans le Vercors – monter la tente au coucher du soleil et la démonter au lever – est toléré sur la majeure partie du parcours, en dehors des limites de la réserve naturelle nationale des Hauts-Plateaux du Vercors. Le tracé classique depuis le col de Menée longe cette réserve sans y pénétrer. En revanche, si vous prolongez vers la crête de Chamousset ou le Grand Veymont, vous entrez dans le périmètre protégé : là, toute forme de camping est interdite, tente comme hamac.

Pour une nuit sans contourner la règle, le plus simple reste de redescendre sur un gîte. Les hébergements insolites de la Drôme offrent des alternatives confortables après l’effort. Côté eau, répétons-le : il n’y en a aucune. Pas une source, pas un torrent pérenne sur les crêtes entre Menée et l’Âne. Tout doit être porté. En été, 2 litres par personne est un minimum ; en hiver, prévoyez un réchaud pour faire fondre la neige si vous dormez là-haut. Vous pouvez aussi terminer la journée par une descente sur le Diois, où une halte au marché de Crest (le samedi matin) permet de refaire le plein de fruits et de fromages locaux.

La faune et la flore : ce que les crêtes vous réservent

Si vous marchez en silence, vous entendrez le sifflement des marmottes bien avant de les voir. Elles colonisent les pentes herbeuses au-dessus de 1 600 mètres et détalent en poussant un cri strident. L’aigle royal plane fréquemment autour de la crête des Sarnoux ; un couple niche dans les falaises de la Montagnette. Ouvrez l’œil sur les vautours fauves, réintroduits dans les Baronnies, qui remontent parfois jusque-là par vent favorable.

Côté flore, les crêtes du Vercors drômois portent encore les traces d’un pastoralisme ancien. Les gentianes jaunes et les chardons bleus des Alpes parsèment les alpages en juin. Plus haut, les edelweiss s’accrochent aux anfractuosités calcaires, sans qu’il soit nécessaire de s’écarter du sentier pour les apercevoir. La hêtraie du vallon de Combeau abrite aussi quelques claps – ces éboulements rocheux typiques du Diois – où le cerf élaphe s’abrite en journée. En octobre, le brame résonne au fond du vallon.

Prolonger la randonnée : variantes pour marcheurs affûtés

Le sentier des crêtes peut devenir l’amorce d’une boucle bien plus longue pour qui dispose du temps et de l’entraînement. Depuis le col de l’Âne, une variante non balisée file au sud vers la crête de Praorzel et le pas de la Sambue. Ce parcours exige une trace GPS chargée et 3 heures supplémentaires. Il offre en récompense une solitude quasi totale, même en août.

Autre option : rejoindre la station de Font d’Urle par le plateau d’Ambel. Ce tracé de liaison transforme la sortie en une traversée de deux jours, avec une nuit au refuge d’Ambel (non gardé, places limitées). Les amateurs de cols à la Drôme pourront enchaîner avec le col de la Bataille ou le col de Rousset pour un itinéraire routier et pédestre combiné. Pour ceux qui cherchent plutôt des sensations verticales, l’escalade en Drôme trouve à quelques kilomètres de là, sur les falaises d’Archiane, des voies engagées en grande hauteur.

Questions fréquentes

Peut-on faire le sentier des crêtes avec des enfants ?

Oui, à condition qu’ils aient l’habitude de marcher 5 à 6 heures et que la météo soit clémente. L’absence d’eau et l’exposition au soleil rendent la sortie éprouvante pour les moins de 10 ans en été. Privilégiez le printemps ou l’automne, et fractionnez la boucle en faisant une pause longue à l’ombre de la hêtraie.

Le sentier est-il accessible aux chiens ?

Les chiens sont autorisés, tenus en laisse. Le parcours longe ou traverse des zones de pâturage avec troupeaux et patous. Si votre chien réagit mal aux chiens de protection, changez d’itinéraire. Pensez aussi à l’eau pour lui : 1 litre supplémentaire ne sera pas de trop.

Où se trouve le meilleur point de vue sur les Alpes ?

La croix du Vellan, à 1 635 mètres, constitue le poste d’observation le plus dégagé. Par ciel limpide, on distingue le mont Blanc, la Meije et la barre des Écrins, en plus du Dévoluy et du mont Ventoux. Le matin avant 10 h, la lumière est idéale pour la photo.

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