On peut le dire franchement : le col de Rousset, à 1 254 mètres d’altitude, n’a pas la notoriété du col d’Izoard ou du Galibier. Et c’est peut-être sa plus grande qualité. À trente minutes de Die en voiture par la D518, il sépare la Drôme des collines du Vercors intérieur, et le changement de décor est radical. En vingt lacets, on passe des vignes et châtaigneraies du Diois aux falaises calcaires et aux alpages du Vercors. On ne vous promet pas de rester planté cinq minutes sans rien dire à chaque fois qu’on y monte, mais la première fois, oui, ça fait ça.

Le col fait partie de la Route des Grandes Alpes, il est classé 2ᵉ catégorie au Tour de France, et c’est un point d’accès à l’un des plus grands domaines skiables de la Drôme. Mais le col de Rousset, c’est surtout un endroit qu’on connaît peu en dehors du département. Voilà pourquoi on va poser les choses simplement : ce qu’on y trouve, à quelle saison y aller, et ce qu’il faut savoir avant de prendre la D518.

Monter au col de Rousset, c’est entrer dans le Vercors par le sud

La route qui grimpe depuis Die est un spectacle à elle seule. On quitte la vallée de la Drôme au niveau de Pont-de-Quart, et tout de suite, la pente s’enroule. Ce n’est pas une draille de transhumance, mais l’ascension en lacets rappelle les anciens chemins d’alpage qui reliaient le Diois aux plateaux. La végétation change vite : on laisse derrière soi les amandiers et les lavandes de basse altitude pour entrer dans une forêt de hêtres et de pins à crochets. À 1 000 mètres, la vue s’ouvre sur les contreforts du Vercors, et si le marin ne souffle pas trop fort, on aperçoit la vallée de la Drôme loin en contrebas.

Le col lui-même est un vaste plateau dégagé, avec une orientation nord-sud qui conditionne tout. Versant nord, le Vercors et ses falaises. Versant sud, le Diois et ses coteaux. Cette géographie explique pourquoi le col est praticable une bonne partie de l’hiver : l’enneigement tient mieux qu’à basse altitude, mais l’accès depuis Die reste possible sauf épisode neigeux marqué. Toute l’année, des webcams sont accessibles sur webcams-vercors.com si vous voulez vérifier les conditions avant le départ.

L’atout du col, c’est qu’il n’y a pas de station bétonnée au sommet. Juste un parking, un bâtiment d’accueil, et les remontées mécaniques à quelques centaines de mètres. En pleine semaine hors saison, on peut s’y poser une heure sans croiser grand monde. En août, la donne change, mais on y reviendra.

Le domaine skiable en hiver : un rapport qualité-prix honnête

Le domaine skiable du col de Rousset fait partie de l’ensemble Vercors Drôme, qui regroupe aussi Font d’Urle, Chaud Clapier et le Grand Échaillon. C’est le plus grand domaine de ski alpin de la Drôme, avec une quarantaine de kilomètres de pistes au total. La station du col propose une quinzaine de pistes, entre 1 250 et 1 650 mètres d’altitude, desservies par des télésièges et des téléskis. La pente est majoritairement verte et bleue, avec quelques portions rouges pour varier.

Voilà la réalité : un skieur aguerri fait le tour en une demi-journée. Mais ce n’est pas l’usage pour lequel ce domaine a été pensé. La station est faite pour les familles avec des enfants qui débutent, pour des week-ends sans pression, pour ceux qui veulent skier le matin et redescendre à Die pour un marché de producteurs l’après-midi. Les tarifs sont bien inférieurs à ceux des grandes stations alpines, et l’ambiance reste locale. Le soir, pas de bar d’altitude avec DJ. On redescend se poser dans un village de la vallée.

Attention à la saisonnalité : le domaine ouvre généralement de mi-décembre à fin mars selon l’enneigement, mais les meilleures conditions se trouvent en janvier et février. En mars, la neige se transforme vite sur le versant sud, et certaines pistes peuvent être fermées en milieu d’après-midi. Vérifiez toujours le bulletin d’enneigement sur le site officiel avant un séjour, surtout si vous réservez un hébergement à l’avance.

Pour la logistique, le parking principal est situé au col même. Les jours de forte affluence, un parking déporté peut être activé plus bas, avec une navette. Mais l’affluence, ici, c’est relatif. Un week-end de février chargé ne ressemble pas à une journée ordinaire aux Deux Alpes. Le vrai sujet, ce n’est pas la foule, c’est la météo. Le col est exposé : brouillard, vent du nord et givre peuvent limiter la visibilité très rapidement.

L’ascension à vélo : plus courte qu’on le croit, plus exigeante qu’il n’y paraît

Parmi les cyclistes, le col de Rousset a une petite réputation. Il ne faut pas s’y tromper : avec moins de 16 kilomètres de montée et un dénivelé d’environ 700 mètres, ce n’est pas un géant des Alpes. Mais la régularité de la pente, entre 5 et 7 % avec de rares replats, en fait une montée usante si on la prend trop vite au départ. Le départ classique se fait à Die, et l’arrivée au col est nette : on bascule d’un coup sur le plateau du Vercors, et le vent peut surprendre.

Ce col a été emprunté plusieurs fois par le Tour de France, notamment en 2010, et par le Critérium du Dauphiné. La descente vers le Vercors intérieur (direction Vassieux-en-Vercors) est technique, avec des enchaînements de lacets serrés. Si vous faites la boucle complète depuis Die, prévoyez une journée : la traversée du Vercors jusqu’à Vassieux puis le retour par le même col est plus longue qu’elle n’en a l’air sur la carte IGN.

Le meilleur mois pour monter le col à vélo, c’est juin. La route est dégagée, les températures restent clémentes avant la fournaise de juillet, et la fréquentation automobile est encore modérée. En juillet-août, l’idéal est de partir avant 7 h du matin pour éviter la circulation sur la D518. La route n’a pas de bande cyclable, et certains automobilistes doublent sans grande marge dans les lacets. Ce n’est pas un col dangereux, mais ce n’est pas une piste cyclable non plus.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Un cycliste entraîné monte le col en 1 h à 1 h 15 depuis Die. Un cyclotouriste chargé avec sacoches comptera 1 h 30 à 1 h 45. La descente vers le versant Vercors prend 15 à 20 minutes, mais elle demande de la vigilance : les ombres sous les arbres cachent parfois des gravillons.

Pour ceux qui préfèrent le VTT, le col est aussi un point de départ pour des parcours balisés autour du sentier des crêtes du Vercors. Les itinéraires empruntent les pistes forestières et les anciens chemins d’alpage qui partent du sommet vers le nord.

Randonnées au départ du col : trois itinéraires qui valent la chaussure

Le col de Rousset est un hub pour les randonneurs, été comme hiver (en raquettes). On ne va pas lister 15 sentiers, mais trois sorties qui ont du sens selon votre profil.

La boucle du But d’Aiglette

C’est la randonnée qu’on recommande pour une première approche. Le départ se fait directement au col. Le sentier grimpe en balcon au-dessus de la station, traverse des alpages, et atteint le But d’Aiglette à 1 562 mètres. La vue à 360° sur le Diois et les falaises du Vercors est large. Comptez 2 h à 2 h 30 aller-retour, dénivelé 300 mètres. La trace est évidente même sans carte. En été, partez tôt : passé 11 h, la chaleur tape sur ce versant sud sans ombre.

La boucle vers le Pas de la Sambue

Pour une sortie plus engagée, le sentier continue au nord du But d’Aiglette vers le Pas de la Sambue. On longe la falaise versant Vercors, le vide n’est jamais très loin, et le sentier se rétrécit par endroits. Ce n’est pas une via ferrata, mais la main courante est utile pour les personnes sujettes au vertige. Comptez 4 h aller-retour depuis le col, avec un dénivelé cumulé plus conséquent. Ce parcours se fait idéalement en juin ou septembre, quand la végétation n’est pas encore grillée et que la température reste fraîche.

La descente sur le Vercors intérieur

Un itinéraire en mode traversée : on part du col et on descend vers Vassieux-en-Vercors par le sentier balisé. La descente est douce, en sous-bois puis en alpage. L’idée, c’est d’organiser une navette ou d’en faire une étape sur deux jours avec un gîte d’étape ou un refuge gardé près de Vassieux. La randonnée permet d’enchaîner avec les sentiers de la Résistance autour de Vassieux, un pan d’histoire qu’on ne développe pas ici mais qui mérite le détour.

Pour les randonneurs qui aiment varier les ambiances, la Drôme provençale et ses lacs accessibles en été offrent un autre visage du département, mais on s’éloigne du Vercors proprement dit.

Accès, parking, et tout ce qu’on oublie avant de partir

C’est la section qu’on jurerait pouvoir sauter, mais que les lecteurs de Mercurol lisent en premier. On ne juge pas, on déroule.

La D518 relie Die au col de Rousset en une vingtaine de kilomètres. La route est correctement entretenue, déneigée l’hiver, mais elle reste une route de montagne avec des passages étroits. Si vous roulez en camping-car, soyez attentif dans les lacets : le croisement avec les camions de livraison de la station peut être serré.

Le parking du col est gratuit, d’une capacité d’environ 150 places. En été, il est aussi utilisé comme point de départ de randos, donc complet dès 10 h les week-ends de juillet et août. Solution : se garer au parking intermédiaire du Claps (oui, le même claps que celui de Luc, mais en plus discret) et finir à pied (30 minutes de marche).

Les services au col : un snack-bar saisonnier, des toilettes publiques, et le bâtiment de la station avec location de skis en hiver. L’été, tout est fermé en dehors des vacances scolaires. Pour manger, prévoir un pique-nique, ou redescendre vers Die. Pas de restaurant gastronomique au sommet, et c’est peut-être mieux ainsi.

La couverture téléphonique est aléatoire au col même. Les webcams mentionnées plus haut sont accessibles depuis chez vous, pas forcément depuis le parking. Pensez à télécharger votre itinéraire avant de partir.

Un col, deux saisons, et l’entre-deux qui fait tout

L’angle le plus intéressant pour le col de Rousset, c’est la transition. En mai, quand la station est fermée et que la neige fond, on peut monter à pied sec et voir les dernières plaques blanches sous les falaises. En octobre, la lumière rasante sur le Diois est superbe, et le col est quasi désert. Ces deux mois sont peut-être les meilleurs pour qui veut profiter du paysage sans personne, à condition d’accepter qu’aucun service ne soit ouvert.

L’hiver, le col vit au rythme de la station : une ouverture le matin à 9 h, une fermeture des remontées à 16 h 30, et le silence dès 17 h. L’été, c’est un point de passage pour les cyclistes et les randonneurs, mais pas un lieu de villégiature en soi. Le contraste est frappant avec les stations alpines où l’activité continue toute l’année. Ici, on monte pour faire quelque chose de précis, pas pour flâner dans une galerie marchande d’altitude.

Cette double vie rend le col précieux. Il ne cherche pas à être une destination universelle. Il est un maillon dans une chaîne d’activités estivales et hivernales, un point de départ vers des via ferrata dans la Drôme ou des piscines naturelles en eau vive, mais il ne prétend pas être un “spot” où l’on passerait trois jours sans bouger.

C’est ce qui le distingue des grands cols sur-fréquentés. Le col de Rousset, on y passe, on y monte, on le redescend. Et quand on le redescend, on se dit qu’on y reviendra à la saison d’après, pour le voir sous une autre lumière.

Questions fréquentes

Le col de Rousset est-il ouvert toute l’année ?

Oui, la D518 est déneigée et ouverte à la circulation toute l’année, sauf conditions météo exceptionnelles qui entraînent des fermetures temporaires l’hiver. La station de ski, elle, fonctionne généralement de décembre à mars. Vérifiez l’état de la route et l’enneigement sur les webcams avant un déplacement hivernal.

Peut-on skier au col de Rousset sans être hébergé sur place ?

Bien sûr. La plupart des skieurs logent dans la vallée, autour de Die ou de Châtillon-en-Diois, et montent en voiture le matin. La station n’a pas d’hébergement au pied des pistes, juste des locations saisonnières dispersées sur la commune de Saint-Agnan-en-Vercors. À Die, vous trouverez des gîtes, des chambres d’hôtes et des petits hôtels.

Quelle est la meilleure période pour une randonnée au col de Rousset ?

Juin et septembre sont idéaux. En juillet-août, le versant sud est exposé et la chaleur peut être pénible en milieu de journée. Même chose pour le VTT : partez tôt le matin. L’automne, jusqu’à fin octobre, est une excellente alternative avec des couleurs spectaculaires sur le Diois.

Le col de Rousset est-il adapté aux débutants en vélo ?

Oui, à condition de ne pas sous-estimer la longueur. La pente est régulière, sans passages très raides, et la route est correctement revêtue. Un débutant en bonne condition physique peut monter en 1 h 45 sans forcer. Emportez beaucoup d’eau : le versant sud n’a quasiment aucune ombre.

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